Crying Star

 

 

Il semble que ce soit en 2007, où j’ai pris la plume pour écrire une dizaine de pages intitulées Cockpit. C’était plus un exercice de style pour essayer de représenter ce qu’un combat spatial pourrait donner à l’écrit, et laisser un peu de vapeur de mon excitation cérébrale s’échapper suite à un marathon de Battlestar Galactica, saupoudré d’un trop grand nombre d’épisodes de Star Trek Next Generation.

Puis, comme d’autre de mes écrits, le texte a été enterré dans mon jardin personnel. Un endroit où je plante régulièrement ce que je crée sur un coup de tête. Quelques années plus tard, j’ai eu envie de me servir de ces quelques pages pour base d’un roman complet… avant de tenter l’aventure du crowfunding (via Bookly) avec le manuscrit de « L’étoile qui savait pleurer ». Tout propre tout neuf… et pour faire bref en vous spoilant la fin : de me vautrer misérablement. Le texte est donc retourné dans mon jardin, pour vivre sa vie, en attendant son heure.

Au moment où j’écris ces lignes, je suis incapable de dire quand exactement j’ai eu envie de le reprendre (flemme horrible de farfouiller dans le blog…). Fin 2014, début 2015. Puis, en plein milieu des corrections, j’ai été marqué par les attentats de début d’année, comme tant d’autres personnes. Je ne me suis jamais défini comme étant un « artiste ». Je fais ce que j’ai besoin de faire, point. J’écris ce que j’ai envie d’écrire, ce qui m’amuse, me plaît, me tente ou m’interpelle. Mais je sais que cet attentat venait de redéfinir les libertés dont nous jouissons ici, dans ce pays. De nous rappeler que ce droit d’expression qu’on use quotidiennement sans jamais s’interroger sur son coût ou sa provenance avait un prix et une origine qui mérite qu’on la défende. Le fait qu’on écrive, qu’on crée, qu’on pense par nous même, puisse un jour offenser quelqu’un au point que celui-ci décide de prendre les armes pour nous faire taire était surréaliste. Inconcevable.

Le texte de l’Etoile était déjà empreint de mes espoirs, de ma volonté à prendre en compte les points de vue de tous avant de s’ériger en juge moralisateur. J’ai continué à le corriger, réécrire en partie, tissant et mêlant mes peurs et mes espoirs. Se nourrissant des actualités du Moyen-Orient, des drames Israëlo/Palestinien entre autres. Un personnage clé a subi un gros changement comparé à son alter ego de la première version. Sombrer dans la facilité de l’Ennemi unique à abattre, et tout ira mieux… c’est là, notre grande faute. C’est ce que j’ai eu envie de tisser dans mon texte, d’ajouter et de souligner.

Être ouvert d’esprit, tolérant ne signifie pas se recroqueviller de terreur devant la force brute viscérale d’un être guidé par sa conviction profonde. Cette tolérance est une pointe qui est capable de percer la plus épaisse des armures, à condition de s’en servir comme arme et non plus comme une petite chose fragile à protéger.

Bref, dans cette réécriture de l’Étoile devenue Crying Star, je me suis pas mal fichu à poil. Avec tout le ridicule que cela peut engendrer quand on ne se sent pas vraiment à l’image d’un Thor intellectuel… Mais la sensation d’écrire quelque chose qui compte à mes yeux est unique. Et même si ce livre ne devait remporter aucun succès, et que j’avais le choix de remonter le temps, je récidiverais.

Bonne lecture à vous !

Commentaires fermés
%d blogueurs aiment cette page :